Ce mois-ci
Juillet 2006
Dim Lun Mar Mer Jeu Ven Sam
1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31
Rechercher

Rechercher
Rechercher dans tous les blogs
Syndiquer
Afficher article  AVRIL 2004 : PRESQUE TOUT SUR JEAN-ARMAND ET SA FAMILLE !

Les informations sur le père, l'oncle et le fils de Jean-Armand ne mènent à rien. Ou bien tout ce qui concerne cette famille est numérisé en mode image et je ne feuillette pas les bons livres ou les bonnes archives, ou bien rien n'a été publié un jour sur elle.

Durant l'été 2004 pourtant, Copernic me "remonte" une information qui va changer la donne.

Un éminent membre de la Société d'Histoire de la Pharmacie dont il fut président, le Docteur Christian Warolin, a fait une communication en séance commune avec la Société d'Histoire de la Médecine le 24 avril 2004 : 

« Armand-Jean de Mauvillain 1620-1685, ami et conseiller de Molière, Doyen de la Faculté de Médecine de Paris (1666-1668) »

Sans plus tarder j'envoie un mail au secrétaire de la Société d'Histoire de la Pharmacie afin de solliciter des détails de la part de l'auteur. Je demande en même temps la possibilité d'acheter le numéro de la revue qui publiera quelques mois plus tard cette communication.

La réponse ne se fait pas attendre. Ce secrétaire me met en relation avec Christian Warolin qui est "très heureux d'échanger avec un Mauvillain bien vivant" (sic) après avoir traqué mon médecin de Molière durant des années dans archives et bibliothèques.

La conférence du Docteur Christian Warolin a été publiée dans la revue "Histoire des Sciences Médicales", organe officiel de la Société Française d'Histoire de la Médecine (Tome XXXIX - N°2 - 2005, ISSN 0440-8888 - Avril-Mai-Juin 2005)

D'un seul coup me voici avec le père de Jean-Armand. Pour lui ce père se prénomme Jean. Il a bien entendu parler du Victor évoqué dans la littérature et qui aurait été bibliothécaire de Richelieu mais il n'en a pas trouvé trace, pas plus que d'un Nicolas avancé par un autre auteur. Ce Jean Mauvillain est celui présenté comme l'oncle dans l'article que j'ai reproduit ici. Il est donc le chirurgien de Louis XIII puis, à la mort de celui-ci et jusqu'à sa propre mort, chirurgien du Duc Gaston d'Orléans.

Pour Christian Warolin le prénom du médecin de Molière est Armand-Jean et non Jean-Armand. Ces deux prénoms varient d'un auteur à l'autre et l'on remarquera qu'en faisant réaliser son jeton de médecine, ce Mauvillain s'est fait appeler Jean-Armand.

Le père, Jean de Mauvillain, est marié à Marguerite Cardinal. Il est sans doute originaire de Vendée où vivait son père, Sébastien Mauvillain, marchand à Meslais (Meslay aujourd'hui) près de Montaigu, paroisse de l'Evêché de Luçon, indiqué décédé dans le contrat de mariage de son fils Jean en 1613.

Jean-Armand (je continue de l'appeler ainsi pour la suite, sans certitude), est lui marié à Gemme Cornuty, fille de Jacques Cornuty, docteur Régent de la Faculté de Médecine de Paris tout comme le médecin de Miolière. Le frère de Jacques, Georges le jeune, est également docteur Régent. Leur père, Georges Cornuty fut lui Doyen de cette même faculté de 1608 à 1610 comme le sera Jean-Armand de 1666 à 1668.

Le médecin de Molière aura quatre enfants dont l'un, prénommé comme lui, sera aussi docteur Régent de la Faculté de Médecin de Paris avant de disparaître dans une campagne des Flandres en 1676. Un autre, Guillaume est avocat et procureur du Roi au Chatelet.

Après ces informations tenues de Christian Warolin, d'un seul coup je reprends la main car j'avais découvert ce Guillaume dans les archives du Minutier Central des Notaires de Paris !

En 1738, au décès de Guillaume, c'est son fils  Germain, Guillaume, César de MAUVILLAIN qui lui succède le 28 août 1738 en qualité de conseiller, avocat et procureur du roi en l'élection de Paris (1)

(1) Enregistrement de la lettre de provision d'office cotée V/1/ 314 pièce 81 au Minutier central provisions d'offices 1720-1790

Germain,Guillaume, César de MAUVILLAIN cèdera sa charge à un nommé Jean, Claude SATIS le 27 juin 1747 (2)

(2) Cote de la lettre de provision d'office : V/1/ 350 pièce 139 )

On retrouve Germain, Guillaume, César dont le nom est orthographié "de MEAUVILLAIN", receveur du grenier à sel de Nuits-Saint-Georges (Cotes d'Or) dans un acte du 26 novembre 1751 (Fonds : MC Cote : ET/LXXXVIII/685) aux Minutes des notaires de Paris. Il a pour caution Augustin BOURET DE VILLAUMONT, trésorier de la maison du roi.

Nous échangeons beaucoup avec Christian Warolin et c'est lui qui m'apporte une nouvelle pièce intéressante, un acte qui situe Germain Guillaume César en 1790 à Paris, ayant retrouvé l'orthographe de son nom, MAUVILLAIN sans " E ". Il s'agit d'une procuration datée du 15 janvier 1790 et signée par Germain Guillaume qui a alors environ 70 ans, chez un notaire du Roi au Chatelet (A.N. Et. L II, 635).

Il se présente comme étant ancien trésorier général des armées du Roi domicilié à Paris, rue des Enfants Rouges (partie alors de la rue des Archives dans le IIIème arrondissement), paroisse Saint Nicolas des Champs.

Germain Guillaume César de MAUVILLAIN y fait et constitue pour son procupreur général et spécial, Antoine Thibault BAUDOUIN, huissier audiencier au baîllage du Palais demeurant à Paris rue Saint Martin, paroisse Sainte Merry.

J'en resterai là peu de temps en trouvant la trace du décès de Germain Guillaume César à Epiais dans le Loir et Cher le 22 fructidore An III. Il était marié à Marthe-Aurore RIEUX. Sans doute Germain Guillaume César était-il venu s'installer là après avoir laissé la gestion de ses rentes Antoine Thibault BAUDOUIN.

Début juillet 2006, nouveaux éléments

Une généalogiste, Marie-Françoise DUSSERT-BELIN qui a fait des recherches aux Archives Départementale de l'Essonne (91), me communique des éléments pour avancer avec elle : 

" Germain Guillaume Cesar de MAUVILLAIN est témoin à un baptême le 20/08/1744 à Montlhéry.

L'enfant Jean François LARDENOIS est le fils de Thomas Claude LARDENOIS, receveur des domaines du Roi époux en secondes noces de Marie Louise GAILLARDON (famille de bourgeois de Paris paroisse St Sulpice).

Son premier époux Pierre HERMIER est notaire et procureur de la prévôté de Montlhéry (mais aussi originaire de Paris - dont le père est procureur à la chambre des comptes.

Le parrain est Jean Pierre RIEUX, escuyer demeurant à Paris, rue Sainte Croix de la Bretonnerie, paroisse St Jean en Grève. Marthe Aurore RIEUX épouse de MAUVILLAIN pourrait être la soeur de Jean-Pierre RIEUX.

Marraine d'un autre enfant, Claude Louise Jeanne d'ILLIERS d'ENTRAIGUES est l'épouse de Louis Auguste de RIEUX. Seraient-ils des parents de Marthe Aurore et de Jean-Pierre ? "

Louis Auguste de Rieux n'est autre que le fameux Chevalier de Rieux...

Je me suis empressé d'ajouter ces informations sur mon forum patronymique MAUVILLAIN sur Généanet en espérant que ces noms plus celêbres que mon patronyme seront à même de débloquer nos recherches.

http://forum.geneanet.org/list.php?1466

J'avais déjà étoffé la liste des Mauvillain et découvert des collatéraux de renom.

C'est ainsi que j'avais fait connaissance de la soeur de Germain Guillaume César, Catherine-Victoire de Mauvillain, au Minutier Central des Notaires (A.N. Paris) :

Le 8 mai 1751, par devant Germain Guillaume Cesar de MAUVILLAIN, procureur au parlement en l'élection de Paris, comparait Catherine Victoire de MAUVILLAIN , sa soeur, veuve de Alexandre Bernard de HATTE DE LONGUERUE , en présence de Jean Baptiste Camille de BRAGELONGNE, conseiller au parlement en l'élection de Paris. Il s'agit de la vente d'une maison.

Réf. : Date : 1751 mai 08 Fonds : MC Cote : ET/LII/356 - Nature : vente Numéro : 12214 - Objet : maison Lieu : Paris : Rue Du Chantre

Je reviendrai sur la famille de Jean-Armand de Mauvillain pour l'étude de nombreux parents prêtres et religieux ou religieuses.

Afficher article  OBSTACLES AUX RECHERCHES SUR INTERNET

Les moteurs de recherches, ou les systèmes comme Copernic qui en utilisent des centaines simultanément sur une même requête, sont des outils fabuleux. Toutefois ils sont incapables de trouver un mot dans la multitude de documents qui se multliplient dans bien des archives et bibliothèques numérisées et mises en ligne sur Internet. Celles-ci sont en effet souvent réalisées en "mode image" et le texte est donc inaccessible aux robots qui ne lisent que ce qui est écrit. Parfois, les documents images possèdent un index réalisé par les archivistes ; encore faut-il que le mot que l'on cherche, Mauvillain en l'occurrence, ait été indexé.

Des heures de lecture à l'écran

Pour chaque référence découverte c'est une nouvelle recherche qu'il faut faire. Les Archives Nationales, la Bibliothèque Nationale et la Bibliothèque Inter-Universitaire de Médecine sont une mine pour cela. Pour la raison indiquée plus haut, ce sont des heures de lecture à l'écran qu'il faut faire, des livres souvent énormes à dévorer sans savoir si l'on y trouvera quoi que ce soit d'intéressant.

C'est ainsi que j'ai découvert un père et même un oncle à Jean-Armand !

Extrait de l'Encyclopédie méthodique, médecine, par une société de médecins. K-MAZ Paris, Vve Agasse ; p. 677

Cet ouvrage est en ligne à la BIUM :

http://web2.bium.univ-paris5.fr/livanc/?cote=07410xM08&p=678&do=page

La piste des parents était enfin trouvée mais bizarrement, toujours aucune femme dans cette famille !